Le Togo confirme sa trajectoire de désinflation. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), le taux d’inflation est tombé à 0,4 % en 2025, contre 2,9 % en 2024, 5,3 % en 2023 et 7,6 % en 2022. La tendance baissière s’est poursuivie en janvier 2026, avec un taux enregistré à seulement 0,2 %. Ce respect du critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) – inflation inférieure à 3 % – sur deux exercices consécutifs constitue un signal positif pour les autorités régionales et les investisseurs.
Cette maîtrise des prix reflète les efforts conjoints des pouvoirs publics pour stabiliser l’économie : soutien à la production agricole, subventions ciblées, stabilisation des biens de grande consommation et allègements fiscaux pour les ménages vulnérables. Les fruits de ces politiques se lisent notamment dans les produits vivriers : citrons (-28,8 %), mangues greffées (-27 %), sorgho (-26,5 %), haricots verts (-26 %), tomates locales (-23,4 %) ou maïs blanc (-19,7 %). Les produits carnés et halieutiques connaissent également des baisses, notamment sur la viande de porc, le poulet ou certains poissons transformés.
Pour Akoly Gentry, directeur général de l’INSEED, cette évolution traduit « les efforts soutenus déployés au cours des trois dernières années pour stabiliser les prix et renforcer le cadre macroéconomique ». La faible inflation protège la valeur de la monnaie et constitue un marqueur de crédibilité économique, en particulier dans un espace UEMOA où la discipline monétaire et budgétaire est scrutée.
Pourtant, derrière ces chiffres flatteurs, la majorité des Togolais ne ressent pas encore pleinement les effets positifs de cette désinflation. Le pouvoir d’achat reste faible, avec des revenus souvent insuffisants pour couvrir les besoins de base. Les prix des produits pétroliers et de l’énergie stagnent, et continuent d’influencer le coût du transport et des biens importés, maintenant une pression constante sur le budget des ménages. Dans un pays où une minorité concentre une grande partie des ressources et où le secteur informel domine l’économie, la baisse statistique de l’inflation ne se traduit pas encore par un soulagement tangible pour la population.
De plus, la baisse des prix n’est pas uniforme. Les périodes de forte demande, notamment entre novembre et janvier, ont provoqué des hausses ponctuelles, atténuant la dynamique de désinflation. Ainsi, bien que l’inflation globale soit faible, les ménages continuent de percevoir des tensions sur les produits essentiels et sur les services, renforçant le sentiment d’un pouvoir d’achat fragile.
En définitive, le Togo se positionne parmi les pays de l’UEMOA ayant le mieux contenu l’inflation depuis la pandémie de Covid-19. Mais la stabilité des prix reste un objectif macroéconomique qui, pour devenir bénéfique pour l’ensemble de la population, devra s’accompagner de mesures visant à améliorer les revenus, élargir l’accès aux biens essentiels et réduire les inégalités. La maîtrise de l’inflation est donc une étape nécessaire, mais non suffisante, pour que les ménages sentent réellement un soulagement dans leur quotidien.


