Lomé la capitale togolaise abrite depuis ce lundi, la conférence régionale sur la nutrition et le développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre. Trois jours de travaux, vingt-deux pays représentés, et une question centrale : comment faire en sorte que chaque enfant de la région ait accès à une alimentation adéquate et aux soins essentiels dans ses premières années de vie ?
Organisé par le Groupe de la Banque mondiale en partenariat avec le gouvernement togolais, l’événement a réuni un plateau nourri : Tony Verheijen, Représentant résident de la Banque mondiale au Togo, Coumba Dieng Sow, Coordonnatrice résidente des Nations Unies, et les représentants de l’ensemble du système onusien: UNICEF, OMS, PAM notamment. Des délégations ministérielles multisectorielles venues de toute la sous-région complétaient l’assistance.
Le constat de départ est connu, mais il mérite d’être rappelé. En Afrique de l’Ouest et du Centre, un enfant sur trois souffre encore de retard de croissance. Soixante-cinq millions de femmes vivent avec l’anémie. Et malgré des progrès mesurables depuis 2000, la région ne sera pas au rendez-vous de l’objectif mondial de 2030.
C’est la ministre togolaise des Solidarités, Martine Moni Sankaredja, qui a ouvert officiellement la conférence au nom du Président du Conseil. Elle a dressé un état des lieux de l’engagement togolais : le programme Wézou, lancé en 2021, a permis d’enrôler plus de 600 000 femmes enceintes et de financer plus de 360 000 accouchements assistés. Les cantines scolaires ont servi 75 millions de repas depuis 2008. En avril dernier, 30 échographes mobiles ont été déployés via le projet SWEDD+. « Nous avons agi. Nous avons investi. Nous avons innové », a-t-elle dit, avant d’ajouter avec franchise : « Et nous avons encore beaucoup à faire. »
Pour Sire Xavier, qui représentait l’UNICEF régional, l’argument décisif reste économique : chaque dollar investi dans la nutrition de la petite enfance peut rapporter jusqu’à 23 dollars. « C’est l’un des investissements les plus rentables qu’un pays puisse réaliser », a-t-il insisté.
Les deux premières journées seront consacrées aux échanges techniques. Le 13 mai, un conclave ministériel réunira les responsables des Finances, de la Santé, de l’Éducation et de la Protection sociale pour aborder ce qui reste le nerf de la guerre : le financement durable. La conférence doit se conclure par l’adoption de cadres nationaux d’action.
La ministre Sankaredja a fixé elle-même la barre : « Une conférence qui ne génère pas d’engagements concrets n’est qu’un séminaire bien organisé ».
