Le classement 2026 de Lloyd’s List confirme la trajectoire du Port autonome de Lomé, qui grimpe à la 91ᵉ place mondiale. Une performance qui consolide son ambition de hub logistique régional, mais que la montée en puissance de Tema et de Mombasa vient sérieusement disputer.
Six ans. C’est la durée pendant laquelle le Port autonome de Lomé (PAL) n’aura jamais quitté le cercle fermé des cent premiers ports mondiaux. Dans le classement 2026 de Lloyd’s List, référence du secteur maritime international, la plateforme togolaise s’affiche cette année à la 91ᵉ place, gagnant trois rangs par rapport à l’édition précédente, où elle pointait à la 94ᵉ position.
Une progression modeste en apparence, mais significative dans un secteur où la concurrence se joue à quelques places près, et où la moindre inertie peut coûter cher.
Une ambition assumée : devenir le hub de la sous-région
Pour la direction du port, ce classement n’a rien d’un heureux hasard. Il est présenté comme la traduction concrète d’une stratégie de long terme, portée depuis plusieurs années : faire de Lomé un point de passage incontournable pour les flux maritimes en Afrique de l’Ouest.
« Ce résultat permet de maintenir Lomé dans le Top 100 mondial et de conforter son rôle dans les échanges maritimes en Afrique de l’Ouest », s’est félicité le directeur général du PAL, tout en évitant l’autosatisfaction. Car dans ce classement, la place occupée aujourd’hui ne garantit rien pour l’édition suivante.
« Le 91ᵉ rang mondial constitue une source de satisfaction et traduit les efforts accomplis pour renforcer la compétitivité de notre plateforme, poursuit-il. Mais ce résultat nous engage davantage. Dans un environnement portuaire de plus en plus concurrentiel, nous devons poursuivre la transformation de nos services, accélérer la digitalisation et accompagner les investissements dans les infrastructures afin de répondre aux exigences du commerce maritime international. »
Tema et Mombasa, les nouveaux rivaux à surveiller
Le contexte régional n’incite guère à relâcher l’effort. Deux ports subsahariens progressent dans ce même classement mondial : le port ghanéen de Tema et le port kényan de Mombasa. Leur ascension redessine la carte de la compétition portuaire en Afrique, où chaque conteneur détourné vers une plateforme concurrente se traduit, en bout de chaîne, par des recettes en moins et une influence logistique diminuée.
Pour Lomé, l’enjeu n’est donc plus seulement de préserver son rang, mais de consolider durablement ses performances et d’élever la qualité de service offerte aux armateurs et opérateurs économiques, dans un marché où la fidélité des compagnies maritimes ne tient jamais qu’à la fiabilité du dernier passage à quai.
Digitalisation, dragage, extension : les trois chantiers du maintien
Sur le terrain, cette ambition se décline en plusieurs chantiers menés de front. Le port a engagé la digitalisation de ses services et procédures, dans une logique de fluidification du passage portuaire, un chantier désormais incontournable pour toute plateforme qui veut réduire ses délais d’escale et séduire les compagnies maritimes internationales.
Sur le plan des infrastructures, des opérations de curage du bassin et des accès nautiques sont en cours, en particulier au niveau du Terminal à conteneurs de Lomé (LCT). Objectif : garantir des tirants d’eau suffisants pour continuer à accueillir des navires de grande capacité, dans un contexte où le gigantisme naval ne cesse de s’accentuer.
Enfin, l’extension du quai est présentée comme un levier stratégique pour accroître les capacités d’accueil et de manutention du port, condition sine qua non pour absorber une croissance de trafic sans saturer l’infrastructure existante. Un rang à défendre, pas seulement à célébrer.

