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Au Togo, la télédermatologie s’impose comme une réponse au déficit de dermatologues

Les 4es Assises africaines de dermatologie se sont tenues les 14 et 15 septembre à Lomé, avec la participation de spécialistes, professionnels de santé, chercheurs, institutions et organisations de patients venus de plusieurs pays africains. Organisée par la Fondation Pierre Fabre en collaboration avec la Société Togolaise de Dermatologie et des Infections Sexuellement Transmissibles (SOTODERM), la rencontre met notamment en lumière les solutions permettant de rapprocher les soins dermatologiques des populations.

Au Togo, où seuls 24 dermatologues exercent pour une population d’environ huit millions d’habitants, la télédermatologie apparaît comme un outil majeur pour réduire les inégalités d’accès à l’expertise spécialisée. Depuis 2018, le partenariat entre la SOTODERM et la Fondation Pierre Fabre a permis de former 202 agents de santé dans 50 formations sanitaires réparties dans les cinq régions du pays. Plus de 51 000 consultations dermatologiques ont ainsi été réalisées, tandis que les cas complexes peuvent être soumis à distance à des dermatologues via la plateforme de téléexpertise Bogou.

Pour le Dr Raymond Barruet, président par intérim de la SOTODERM, cette expérience répond à une réalité particulièrement marquée au Togo : « La SOTODERM est accompagnée par la Fondation Pierre Fabre dans la mise en œuvre d’un projet de télédermatologie pour rapprocher l’expertise dermatologique de la population. »

Il faut le préciser, le dispositif ne se limite pas à la prise en charge à distance. Il vise également à renforcer les compétences des professionnels de santé présents dans les structures périphériques. « Former 202 agents de santé […] et leur permettre de prendre en charge localement les dermatoses courantes » constitue ainsi l’un des résultats majeurs du projet, souligne la SOTODERM.

Selon Giscar Koffi Samboe, coordonnateur pays de la Fondation Pierre Fabre au Togo, les évaluations menées avec la SOTODERM montrent notamment « une satisfaction des patients de la possibilité de prise en charge locale des dermatoses » ainsi qu’une amélioration perçue de la qualité des soins. Le projet DermaTogo, lancé en 2024, entend désormais aller plus loin en intégrant durablement la prise en charge dermatologique au système national de santé.

Cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large portée par les Assises Africaines de Dermatologie : renforcer les capacités locales et favoriser les collaborations entre pays africains. « Les Assises […] ont pour vocation le partage de la connaissance et des bonnes pratiques, entre pays africains, afin de mieux diagnostiquer et soigner les malades de peau partout et pas seulement en capitale », rappelle Béatrice Garrette, directrice générale de la Fondation Pierre Fabre.

Au-delà de la technologie, les participants ont insisté sur la nécessité de développer une dermatologie accessible, adaptée aux réalités locales et centrée sur les patients. Dans cette perspective, Dr Hamadou Nouhou, représentant résident de l’OMS au Togo, a indiqué : « aucun acteur, agissant seul, ne peut répondre à l’ensemble des besoins ». Les Assises constituent dès lors, un espace privilégié pour rapprocher expertise médicale, innovation numérique et action de santé publique.

Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi

À l’ouverture des travaux des 4ᵉ Assises Africaines de Dermatologie, le ministre togolais de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, a salué le choix du Togo pour accueillir cette rencontre scientifique. Il a estimé que ces assises interviennent dans un contexte marqué par « l’engagement résolu » du pays en faveur de la couverture sanitaire universelle, rappelant qu’« il ne saurait y avoir de couverture véritablement universelle si certaines pathologies, certaines populations ou certains territoires demeurent en marge de l’accès à des soins de qualité ». L’autorité a également souligné l’importance de la dermatologie, relevant que « la peau, au-delà d’être une enveloppe, est à la fois un organe essentiel, le reflet de notre état de santé et un marqueur visible de notre identité ».

À Lomé, la rencontre s’est penché sur d’autres aspects du sujet notamment la dermatopathologie, la chirurgie dermatologique, la dermoscopie et la recherche clinique. L’enjeu est de faire de ces compétences et outils des leviers durables pour améliorer le diagnostic et la prise en charge des maladies de peau en Afrique.

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