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Togo – Eau potable : à Kara, la bataille se joue d’abord sur le terrain

À la veille du lancement du projet d’alimentation en eau potable de Kara, le ministre Séna Alipui a sillonné sources, usine et barrage pour mesurer l’ampleur du défi.

Il a fallu marcher plusieurs heures dans les montagnes de Koumondè, dans la préfecture d’Assoli, pour atteindre la source. C’est là que le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui et sa délégation ont démarré, à la veille du lancement officiel du Projet d’alimentation en eau potable (AEP) de Kara et de ses environs, une tournée de reconnaissance sur les sites appelés à structurer le futur dispositif.

Une source, une usine, un barrage

À Koumondè, la délégation a inspecté une source susceptible d’alimenter plusieurs localités confrontées à des difficultés d’accès à l’eau. Elle s’est ensuite rendue à Tchoworo, à Bafilo, pour s’informer de l’historique et du fonctionnement de l’usine de traitement, avant de gagner le barrage de la Kozah. Mis en service à la fin des années 1970, l’ouvrage alimente la ville de Kara et plusieurs localités de la Kozah, de la Binah et de Doufelgou.

Sur place, Séna Alipui s’est attardé sur le niveau de la retenue et l’état des emprises. « Il est question pour nous de constater le niveau de l’eau dans le barrage et également de voir si les emprises du barrage sont éventuellement occupées par des choses pouvant empêcher le ruissellement fluide des eaux pluviales », a-t-il expliqué.

Un système sous pression

La vigilance est de mise. L’ancienne unité de traitement, en service depuis 1978, ne suffit plus à répondre à la demande, nourrie par la croissance démographique. Une source gouvernementale avait d’ailleurs fait état, début 2026, d’une situation tendue à Kara, avec une baisse des ressources disponibles et le recours à des mesures d’urgence.

27 milliards de francs CFA pour passer à la vitesse supérieure

Porté par la SP-EAU, le projet, lancé le 28 septembre, coûte environ 27 milliards de francs CFA, avec le concours du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et de la Banque islamique de développement. L’objectif affiché est de faire passer la production d’environ 12 000 à 22 000 m³ par jour, le taux de desserte de Kara de 50 % à 75 %, et de raccorder plus de 40 000 ménages supplémentaires.

Le dispositif comprend de nouveaux captages, une station de traitement annoncée à 500 m³ par heure, des conduites d’adduction, des réservoirs et l’extension du réseau. Pour Yawo Ewoenam Zegue, secrétaire général par intérim du ministère, le schéma repose sur la mobilisation de l’eau à la source, son traitement, puis son acheminement vers les centres urbains, avec un réservoir de stockage à Kara-Sud avant distribution. La Banque islamique de développement a publié en septembre un avis général de passation des marchés, confirmant les travaux de captage et la construction d’un réservoir.

En fin de mission, le ministre a visité le site du futur réservoir, puis plusieurs quartiers de Kara encore mal desservis. Une façon de confronter les plans techniques au quotidien des habitants.

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