Les motifs invoqués relèvent du prétexte à géométrie variable : non-respect présumé des feux tricolores, surcharge, absence de casque, défaut d’immatriculation ou de carte grise… Mais l’arbitraire atteint son paroxysme lorsque des citoyens en règle voient leur moto hissée à la hâte sur la plate-forme d’un tricycle, sans qu’aucun manquement ne leur soit signifié. Sur place, la mécanique est rodée : une partie des agents propose un arrangement informel en aparté pour libérer l’engin immédiatement contre espèces. Pour les autres, un lieu de rassemblement est indiqué pour le lendemain. Une fois sur le site de dépôt, la sentence est identique pour tous : une somme minimale forfaitaire de 7 500 francs CFA est exigée contre restitution, qu’une infraction ait été légalement constatée ou non. Sans reçu fiscal normé, sans procès-verbal en bonne et due forme, ce paiement systématique transforme la mission de sécurité en une entreprise d’extorsion généralisée.