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Togo- 66 ans de l’Indépendance : l’opposition souffle les bougies à sa façon

Au Togo, la fête de l’indépendance est célébrée en différé. Pendant que le régime l’observait avec faste avec tous les moyens de l’État, l’opposition, elle, a préféré marquer une pause méditative avec un seul mantra sous les lèvres : comment mettre fin à la souffrance du peuple togolais, après plus d’un demi-siècle sous la dictature monarchique de la famille Gnassingbé ?

Ce mercredi 29 avril, des leaders politiques, des militants et des acteurs de la société civile se sont réunis au siège de la CDPA à Lomé autour d’une conférence-débat au titre sans détour : « 60 ans de dictature monarchique de la famille Gnassingbé : il est temps de mettre fin à la souffrance du peuple togolais ». Il s’agissait non seulement de saluer la mémoire des Togolais qui ont payé de leur vie cette souveraineté, mais surtout de réfléchir à une autre manière de mener la lutte politique.

Ton d’emblée radical. L’ancien député Ouro-Akpo Tchagnao, président du parti Lumière pour le Développement dans la Paix, a posé le diagnostic : « L’indépendance dont il est question n’a été que de courte durée. 2 ans, 8 mois, 2 semaines et 2 jours seulement », avant que l’assassinat de Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963 ne referme cette parenthèse. Pris « en sandwich entre le néocolonialisme exogène d’une part et l’usurpation endogène du pouvoir d’autre part », le Togo, selon lui, « est le symbole de la servitude d’un peuple affranchi ».

Même lecture chez l’ex-député Targone Sambiri, leader de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), pour qui cet assassinat « avait pour but d’asseoir leur domination sur les richesses du peuple, annonçant un destin catastrophique, semblable étrangement à un enfer sur terre pour l’avenir de la Nation togolaise ».

La présence du Pr N’buéké Adovi Goeh-Akue, historien, a donné un ancrage académique aux débats. L’universitaire a entretenu l’assistance sur la thématique « Indépendance et souveraineté : Où en sommes-nous au Togo ? », une question qui résume à elle seule l’état d’esprit de la salle. L’avocat Me Célestin Agbogan, quant à lui, a abordé la question des droits humains et de la « persécution des leaders d’opinion » sous le régime en place, donnant au débat une dimension juridique concrète.

Au-delà du bilan, l’objectif affiché était prospectif : repenser la lutte et dégager des perspectives concrètes pour « son aboutissement ». Une conférence de plus ? Ses organisateurs espèrent que non.

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