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Togo : Dieu pour couvrir le désastre

«Jésus est vraiment courageux et patient»,  est un refrain de l’une des chansons de l’artiste togolais Master Popa. Ceci pour montrer que malgré tout ce que font les gens, Jésus est miséricordieux.

C’est sous ce prisme que certains comparent la situation de Union pour la République (UNIR), parti au pouvoir au Togo. Ce parti crée sur les cendres du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) à l’occasion de la commémoration de sa création, au lieu d’un bilan rigoureux et méthodique de sa gestion calamiteuse du pays,  se tourne vers Dieu malgré tout le mal fait aux populations.  

Cette année,  le 14 avril 2026 le 14ème anniversaire de sa création a été placé sous le signe de la foi, de la paix et de la cohésion nationale, à travers une série d’offices religieux organisés sur l’ensemble du territoire. Une prière musulmane à la mosquée Kadhafi de Lomé 2, ensuite  une messe catholique à l’église Notre-Dame de la Rédemption de Bè Klikamé et un culte protestant à Agoè-Fiovi. Le même rituel a été reproduit sur l’ensemble du territoire. Une démarche interconfessionnelle qui , dit-on , traduit l’attachement du parti à la diversité religieuse et au vivre-ensemble. 

Quoi de plus normal que de se tourner vers Dieu à de pareilles occasions ! Mais dans quel état d’esprit ? Le Togo va très mal comme l’illustre la dernière enquête d’Afrobaromètre publiée le 26 février 2026. Cette enquête révèle qu’une large majorité de Togolais estime que la situation du pays évolue dans la mauvaise direction. Alors que le gouvernement met en avant des réformes économiques et une réduction du déficit budgétaire ces dernières années, ces performances macroéconomiques peinent à convaincre la population. L’enquête révèle un décalage croissant entre les indicateurs officiels et le ressenti des citoyens.

D’après les résultats, 62 % des personnes interrogées jugent que le pays va mal, un chiffre en hausse depuis 2021. Plus de six Togolais sur dix qualifient la situation économique nationale de « assez mauvaise » ou « très mauvaise ». Une majorité affirme également que les conditions économiques se sont détériorées au cours des douze derniers mois, même si près de la moitié garde un certain optimisme pour l’année à venir.

Sur le plan individuel, le constat est tout aussi préoccupant. Plus de la moitié des répondants considèrent leurs propres conditions de vie comme mauvaises, et nombreux sont ceux qui déclarent avoir manqué de revenus, de soins médicaux ou même d’eau potable au cours de l’année écoulée. Quatre Togolais sur dix disent vivre dans une situation de pauvreté modérée ou sévère, traduisant un malaise social persistant.

Des 38 ans de Eyadema Gnassingbé et les 21 ans de son successeur de fils Faure, le Togo n’a été autant enfoncé. Face à cette déflagration sociopolitique et économique, lorsque le parti au pouvoir qui incarne ce désastre se réfugie sous l’hypocrisie religieuse, c’est bien ahurissant. Les tenants du régime qui n’ont jamais pitié des Togolais s’illustrent par l’indifférence et la désinvolture. Des gens ont même fermé à plusieurs tours la porte de leur conscience pour échapper aux cris de détresse et de misère  de leurs concitoyens. 
    Tout compte fait, on peut se mentir mais pas à Dieu. 

Kokou AGBEMEBIO

Source : Lecorrecteur

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