Dans un récent post sur sa page Facebook, l’universitaire togolais Ayayi Togoata Apédo-Amah déconstruit le mythe de la “stabilité politique” des dictatures africaines, qu’il présente comme une stabilité de la peur, de la répression et du pillage au profit des intérêts impérialistes.
DICTATEURS À VIE ET STABILITÉ POLITIQUE : LE GRAND MENSONGE
En Afrique plus que partout ailleurs, les puissances impérialistes occidentales nous bassinent les oreilles au sujet de la stabilité de certains pays avec un argumentaire nauséeux selon lequel les dictateurs à vie et leurs régimes de fraudes et de violence sont des modèles de stabilité. Menterie !
Stabilité par rapport à quoi ? On n’ose pas le dire. Il s’agit d’une stabilité de la terreur dans le maintien de la mainmise des impérialistes sur des pays livrés au pillage avec la complicité des potentats locaux. Une gouvernance médiocre qui plonge des peuples dans la misère, la mendicité et les épidémies, faute d’hygiène et de vision, ne peut être qualifiée de stable au sens positif du terme.
Le bilan éternellement négatif de ces mauvais dirigeants est ce que les gouvernements occidentaux et leurs organismes économiques impérialistes comme la Banque mondiale et le FMI appellent cyniquement stabilité politique, alors que gronde la révolte.
Cette stabilité dont ils parlent est la leur, pas la nôtre. En effet, comment des tyrannies médiocres qui organisent la vie politique autour de l’impunité, de la corruption et d’élections frauduleusement frauduleuses suivies de répressions sauvages avec des milliers de morts, peuvent-elles être qualifiées de stables et donc de pacifiques ?
La pacification des contestations dans la terreur et des bains de sang, la presse bâillonnée, des journalistes en prison, des défenseurs des droits de l’homme et des activistes de la société civile harcelés, des coupures de l’internet pour tricher ou réprimer dans le silence ne sont pas des gages de stabilité.
Poser son cul sur le cratère d’un volcan réveillé pour s’éterniser au pouvoir, la peur au ventre d’une chute inévitable, est un inconfort qui ne ressemble en rien à une stabilité.
Ce n’est pas une manifestation d’intelligence politique. Plus grande est la peur, plus se remplissent les prisons. L’absence de contre-pouvoirs encourage l’impunité, la corruption et la gabegie. Car la mauvaise gestion permet l’opacité et le pillage des voleurs de la république et des pirates étrangers.
Comment des pays qui croupissent dans la misère, le chômage, la dictature obscurantiste, peuvent-ils se prévaloir d’une quelconque stabilité, si nous entendons par stabilité le progrès, une prospérité croissante, la démocratie, la conquête de l’indépendance économique et l’intelligence au pouvoir ? Messieurs, dames les manipulateurs de mots, votre stabilité, pour nous, s’appelle instabilité. Kapisch ?
Ne faudrait-il pas entendre par leur stabilité, celle des voleurs de la République, de la médiocratie et de la pornocratie ?
Ayayi Togoata APÉDO-AMAH
