«Je remercie mon frère, SEM Romuald Wadagni, Président de la République du #Bénin pour sa visite de travail ce jour à #Lomé. Nos échanges en tête-à-tête ont porté sur le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre nos deux pays, ainsi que sur les défis et opportunités qui se présentent à notre sous-région dans les domaines de l’intégration économique, de la paix et du développement.
Je me réjouis de la qualité du dialogue permanent entre le #Togo et le Bénin et réaffirme notre volonté commune de poursuivre, dans un esprit de fraternité et de solidarité, les actions en faveur du bien-être de nos populations et de la prospérité de notre espace régional», a posté Faure Gnassingbé le 3 juin 2026 avec une image très enthousiaste.
C’est toujours une bonne chose la coopération et les bonnes relations entre États, surtout des pays frontaliers. Mais lorsqu’on voit toute la mobilisation du pouvoir togolais autour d’une simple visite d’un nouveau chef d’Etat, on peut légitimement s’interroger sur le sens que donne M.Gnassingbé à l’exercice du pouvoir.
Certes, sous Patrice Talon, prédécesseur de Wadagni, les relations n’étaient pas au beau fixe. Mais Talon avait visité Lomé à plusieurs reprises. S’agissant du cas Wadagni , contrairement à ce qu’on tente de faire avaler aux Togolais en évoquant une certaine invitation du Président du Conseil, c’est plutôt une tournée sous-régionale du nouveau président béninois qui l’a conduit successivement au Nigéria, au Niger, au Burkina, au Togo, en Côte d’Ivoire.
C’est ce qui est la vérité. Au-delà de tout, une question se pose: comment Faure Gnassingbé arrive-t-il à s’accommoder du changement et de l’alternance autour du Togo pendant que lui-même s’engage dans la dynamique du pouvoir à vie?
A lui seul, il connait déjà quatre présidents du Bénin : Mathieu Kerekou, Yayi Boni, Patrice Talon et Romuald Wadagni. A son arrivée au pouvoir à la suite de la mort de son géniteur Eyadema Gnassingbé, Wadagni était étudiant quelque part en Occident. Le voilà aujourd’hui homologue de Faure Gnassingbé qui en est fier de l’appeler lui aussi son «frère» comme il l’a fait pour Kerekou, Yayi et Talon. Si au moins, Faure Gnassingbé apportait quelque chose en dehors de la misère dans la vie des Togolais, on pourrait mettre un peu de bémol à son règne élastique à la tête du Togo.
En dix ans, Talon a mis le Benin sur l’orbite des grandes transformations structurelles. Le Pays de Behanzin a changé de visage. C’est un fait. Même le «petit» Wadagni en deux semaines de pouvoir a déjà montré l’exemple d’un dirigeant sérieux, volontaire, engagé et porteur d’une vision claire pour son pays. Le tout premier Conseil des ministres du 3 juin 2026 a adopté une mesure portant instauration de la gratuité de la scolarité pour les filles, de la classe de sixième jusqu’en terminale. Cette disposition sera effective à compter de l’année scolaire 2026-2027.
Le gouvernement béninois a décidé au cours de cette même rencontre gouvernementale d’allouer une enveloppe exceptionnelle d’un milliard de francs CFA aux hôpitaux publics afin de garantir la prise en charge immédiate des urgences vitales. Cette mesure vise à permettre aux patients dont la vie est en danger de recevoir les soins nécessaires sans délai ni condition préalable liée à leur capacité de paiement.
Ce n’est pas tout. La mise en circulation des nouveaux bus a été lancée officiellement le 1er juin 2026. Une première vague de plus de 30 bus neufs a été déployée, avec d’autres véhicules prévus pour renforcer le réseau. Le gouvernement béninois n’a pas eu besoin de faire un quelconque séminaire avant d’acter ces grandes décisions de portée significative pour le pays.
A la limite, c’est du cynisme rare au Togo.
Kokou AGBEMEBIO
Source : Lecorrecteur.tg
