Plus de 200 exposants, deux pavillons, dix jours d’exposition : la 7e édition de la Foire Made in Togo s’est officiellement ouverte le 6 juillet au Centre togolais des expositions et foires (CETEF) par les autorités togolaises. Elle est placée sous le thème « Transformation locale, un levier pour le développement de l’économie togolaise ». Jusqu’au 12 juillet, agroalimentaire, artisanat, innovation et nouvelles technologies togolaises partagent la vitrine.
Mais derrière la vitrine, un message plus offensif que les années précédentes : cesser d’applaudir le « consommer local » pour le transformer en actes d’achat concrets. « Nous ne voulons pas que le public vienne seulement regarder. Nous voulons que le public achète », a lancé le directeur général du CETEF, Alexandre de Souza, lors de la cérémonie d’ouverture officielle, invitant chaque visiteur à repartir « avec quelque chose : un produit alimentaire, un produit artisanal, un service ».

Une économie sommée de se transformer
Pour le gouvernement togolais, la manifestation dépasse le cadre commercial. Le ministre Badanam Patoki y voit un « outil concret pour accélérer l’industrialisation, renforcer les chaînes de valeur locales et consolider la compétitivité des entreprises togolaises ». Selon lui, la souveraineté économique du pays « passe nécessairement par une économie davantage fondée sur la production, la transformation et la consommation locales ».
Le ministre a insisté sur l’enjeu structurel : rompre avec des décennies d’exportation de matières premières brutes, qu’il a qualifiées de choix revenant à « exporter nos emplois et importer une valeur ajoutée que nous devrions créer sur place ». Riz de Kovié, pagnes batik et lokpo, cosmétiques, mais aussi, fait notable, des ordinateurs assemblés localement : le ministre a tenu à souligner cette montée en gamme du savoir-faire togolais, portée selon lui par « des jeunes, des femmes et des entrepreneurs qui ont fait le choix de produire, de transformer et d’avancer ici, au Togo ».

Un indicateur de réussite inhabituel
Signe de ce changement de ton, les organisateurs ont fixé un critère de succès inédit pour une foire commerciale : non plus la fréquentation, mais le chiffre d’affaires généré. « La réussite de cette foire ne se mesurera pas seulement au nombre de visiteurs », a martelé Alexandre de Souza, qui a même suggéré un geste symbolique aux visiteurs : repartir avec un sac de 20 kg de riz togolais (de Kovié, de Djagblé ou de Mango). Il promet que l’indicateur retenu sera « le volume des ventes réalisées, des commandes signées et des partenariats conclus ».
L’édition 2026 bénéficie de l’appui de partenaires techniques et financiers, dont la Direction de la Consommation Locale, la GIZ et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo, présentées par les organisateurs comme des preuves que le soutien au Made in Togo « se traduit par des actes ».
