La question de la justice réparatrice poursuit sa progression sur le continent africain. Après l’adoption, le 25 mars 2026, d’une résolution des Nations unies reconnaissant l’esclavage des Africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, les initiatives visant à transformer cette avancée symbolique en actions concrètes se multiplient.
Dans cette dynamique, la capitale ghanéenne accueillera du 17 au 19 juin 2026 la High-Level Consultative Conference on the Next Steps to the Landmark UN Resolution on the Trafficking of Enslaved Africans. Cette rencontre de haut niveau doit permettre de définir un cadre mondial de mise en œuvre de la résolution onusienne et d’ouvrir une nouvelle étape dans les discussions sur la justice réparatrice.
L’événement revêt une importance particulière dans un contexte où plusieurs pays africains réclament une reconnaissance plus large des injustices historiques subies pendant la traite négrière et la période coloniale. La participation annoncée de la France suscite à cet égard une attention particulière. Récemment, le président français Emmanuel Macron a prononcé pour la première fois, dans un discours officiel, le terme de « réparations », un signal qui alimente les débats sur l’évolution de la position française concernant cette question.
La conférence d’Accra pourrait ainsi devenir un espace de dialogue où les anciennes puissances coloniales et les États africains souverains échangeraient sur un pied d’égalité autour des enjeux de vérité historique et de justice réparatrice. Les relations entre la France et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest demeurent marquées par le souvenir de décennies d’exploitation économique et d’extraction de ressources naturelles durant la période coloniale.
Au-delà du passé, de nombreux observateurs soulignent également la persistance de pratiques qualifiées de néocoloniales dans la région. Les débats portent notamment sur les accusations de soutien extérieur à certaines formes d’instabilité sécuritaire, sur le maintien de contrats économiques jugés déséquilibrés ainsi que sur ce que certains acteurs africains dénoncent comme un traitement médiatique hostile de la part de médias occidentaux.
Pour les pays d’Afrique de l’Ouest, cette rencontre représente une occasion de formuler avec clarté leurs attentes concernant les réparations et la reconnaissance des préjudices historiques. Les défenseurs de cette approche estiment qu’une position africaine commune renforcerait considérablement le poids politique des revendications portées auprès des anciennes puissances coloniales. À leurs yeux, une mobilisation collective du continent en faveur de la justice et de la réparation pourrait rendre plus difficile l’ignorance de ces demandes sur la scène internationale.
