Plus de 155 400 personnes sensibilisées, 1 500 élèves mobilisés, 75 000 préservatifs distribués : dans la région de la Kara, la campagne « Zéro grossesse, zéro IST en milieu scolaire » affiche un bilan qui a de quoi convaincre les plus sceptiques.
C’est au Palais des Congrès de Kara que tout s’est joué, ce lundi 20 juillet. Plus de 250 acteurs de l’éducation (proviseurs, enseignants encadreurs, présidents de bureaux des Clubs Santé) s’y sont retrouvés pour tirer les enseignements d’une semaine pas comme les autres. Pendant les fêtes traditionnelles des Évala, 1 500 élèves sensibilisateurs, issus des Clubs Santé SOS DOCTEUR TV, ont sillonné les arènes de lutte des quinze cantons de la Kozah. Leur mission : porter la bonne parole sur la santé sexuelle et reproductive, là où la jeunesse togolaise se rassemble en masse.


Le résultat dépasse les attentes. « Plus de 1 500 élèves sensibilisateurs ont touché 155 400 personnes dans les différentes arènes de lutte. Le message est vraiment passé », s’est félicité Kolombia Guetaba, chef de l’Inspection de l’enseignement secondaire de Kara, qui évoque même des populations demandant à ce que l’initiative soit reconduite à chaque édition des Évala.
Derrière cette mécanique bien huilée, un homme : le professeur honoraire Serge Michel Kodom, président de l’ONG AIMES-AFRIQUE et promoteur des Clubs Santé au Togo. Pour lui, cette restitution n’avait rien d’une simple formalité. « Il était important de réunir les enseignants encadreurs, les chefs d’établissement et les élèves pour écouter les acteurs du terrain. Leurs suggestions […] permettront d’améliorer les prochaines campagnes », explique-t-il, saluant au passage l’appui du CNLS et de l’UNFPA-Togo, qui ont fourni une partie des préservatifs distribués.
Un réseau qui, aujourd’hui, couvre déjà près de 80 % des établissements publics du pays. Une force de frappe que Michel Kodom entend mettre au service d’une génération entière : « Les élèves sont aujourd’hui les ambassadeurs de la santé dans leurs communautés », insiste-t-il, non sans rappeler que l’abstinence reste, selon les organisateurs, le premier rempart recommandé contre les grossesses précoces et les IST.
Reste que les chiffres, aussi impressionnants soient-ils, ne suffisent pas à eux seuls. C’est bien la suite qui inquiète et mobilise les autorités éducatives locales. Dès la rentrée 2026-2027, les causeries-débats reprendront dans les établissements, avec, chaque matin, deux à trois minutes consacrées à un rappel sur les dangers des grossesses précoces. Kolombia Guetaba l’assure : le message débordera bientôt le seul cadre de la Kozah. « Mon inspection couvre également les préfectures de l’Assoli et de la Binah. Tous les chefs d’établissement recevront ces orientations », précise-t-il.
Un objectif, un seul, scandé en chœur au terme de la rencontre : « Zéro grossesse dans mon établissement, c’est possible ! »

